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mardi 2 juillet 2013

Dragon de Glace - George R. R. Martin

Titre : Dragon de glace.

Auteur : George R. R. Martin

Éditeur : Actu SF

Nombre de pages : 191

Prix : 12 €

Couverture : Andy Brase 



Quatrième de couverture : 

“D’un blanc cristallin, ce blanc dur et froid, presque bleu, le dragon de glace était couvert de givre ; quand il se déplaçait, sa peau se craquelait telle la croûte de neige sous les bottes d’un marcheur et des paillettes de glace en tombaient. Il avait des yeux clairs, profonds, glacés. Il avait des glaçons pour dents, trois rangées de lances inégales, blanches dans la caverne bleue de sa bouche.
S’il battait des ailes, la bise se levait, la neige voltigeait, tourbillonnait, le monde se recroquevillait, frissonnait.
S’il ouvrait sa vaste gueule pour souffler, il n’en jaillissait pas le feu à la puanteur sulfureuse des dragons inférieurs.
Le dragon de glace soufflait du froid.”

Auteur du fabuleux cycle du Trône de Fer, George R. R. Martin nous prouve à travers les quatre nouvelles de ce recueil qu’il est aussi bon romancier que nouvelliste. Il sait tisser des intrigues passionnantes et des personnages puissants, aussi attirants qu’inquiétants.

Ce recueil contient notamment L’Homme en forme de poire, prix Bram Stoker et Portrait de Famille, prix Nebula.

Mon avis : 

On ne présente plus George R. R. Martin le fantastique auteur du Trône de Fer. Ayant commencé il y a peu la saga, j’ai décidé de faire une pause pour m’intéresser à ce petit recueil dont j’avais entendu beaucoup de bien. Composé de quatre nouvelles, il permet de retrouver l’auteur de fantasy grâce aux deux premières et de découvrir (si vous ne lui connaissiez pas cette casquette) l’auteur de fantastique à travers les deux autres.

Dragon de glace : la nouvelle qui donne son titre au recueil raconte l’histoire d’une petite fille née en hiver dont le caractère et la sensibilité sont liés à cette saison. La vie de celle-ci est rythmée par l’attente de son anniversaire car, si son fermier de père, son frère et sa sœur s’enthousiasment à l’arrivée de l’été, elle elle attend avec impatience l’arrivée du froid qui annonce celle du dragon de glace, créature rare et indomptable à laquelle elle s’est liée d’amitié.
De ce texte, j’ai avant tout retenu la facilité avec laquelle George R. R. Martin m’a attachée à son personnage. Une page et demie a suffi pour me donner l’envie de tout savoir sur elle, de suivre avec passion ses aventures et ses réflexions, de lire au plus vite la suite pour apprendre ce qui allait arriver. La fin de la nouvelle m’a chamboulée aux larmes par sa manière de mêler résignation et bonheur à venir. Une très jolie rencontre, loin des intrigues de Westeros mais qui montre que l’auteur est un grand écrivain en plus d’être un grand conteur.

Dans les Contrées perdues est une autre nouvelle de fantasy même si, par sa forme et le déroulement de son article, je la rapprochais plus au conte. L’histoire contée est celle d’une sorcière, Alys la Grise, qui ressemble à celles qui ont bercé mon enfance (une vieille femme qui vit dans un petit village, crainte et respectée) et qui a pour particularité de ne jamais refuser ce qu’on lui demande. Lorsque la Reine lui réclame le pouvoir de se changer en loup, Alys la Grise part dans les Contrées perdues, étendue hostile, située par delà les montagnes et peuplée de créatures qui peuplent l’imagination des hommes. L’intrigue m’a semblé moins profonde que celle de la nouvelle précédente mais les deux sont liées par l’amertume que j’ai ressentie à la fin. Si dans Dragon de Glace, elle est voilée par un sentiment de joie familial, elle est exacerbée dans ce texte par l’aspect froid d’Alys et par la conclusion que connaît le couple formé par la reine et son champion.

L’homme en forme de poire est une nouvelle fantastique assez classique mais servie par une écriture qui fait lentement monter la paranoïa et du personnage et du lecteur. Nouvelle angoissante, elle est mise en avant par cet homme, en forme de poire, qui n’a d’autre identité que celle-ci et qui passe ses journées à manger des chips et boire du coca, tout en observant les allées et venues de la jeune femme qui vient d’emménager dans le même immeuble que lui. La tension crée par ce regard et par l’inquiétude grandissante de cette femme est savoureuse et la fin, classique certes, toujours aussi efficace.

La dernière nouvelle, Portrait de famille, met en parallèle les relations entre un auteur et sa famille et un auteur et ses personnages. Relations conflictuelles, fusionnelles, désespérées, elles permettent à Martin de mettre en avant toutes les psychoses de l’être humain avec une plume sèche, dure, qui ne fait aucune concession. Ici encore, la chute nous plonge dans une réflexion amère qui m’a laissé un goût de bile dans la bouche.

Un recueil qui s’avère à la fois très divers mais qui s’attarde à mettre en avant les côtés les plus obscures de l’être humain et les conséquences, parfois dramatiques, de ses choix. À lire sans hésitation.

Le petit plus :

L’ambiance des nouvelles entre postulats classiques, dépaysement, atmosphères oppressantes et émotion.

samedi 29 juin 2013

Des nouvelles au soleil

Pas de chronique pour le moment parce que je profite de mes vacances pour lire une partie des nouvelles de ma PAL mais je vous concocte quand même un article sur mes lectures en cours et donc sur les avis à venir. 






Dragon de Glace est un recueil de George R. R. Martin dont j’ai beaucoup entendu parler sans me motiver à le lire. C’est chose faite (grâce à la fin des concours et un après-midi ensoleillé passé aux Jardins des Tuileries) et je suis contente d’avoir sauté le pas. De Martin, je ne connaissais que la facette auteur de fantasy grandiose et complexe ; ce recueil m’a permis de rencontrer l’auteur d’un fantastique ambigu et empli d’angoisse. 






Le premier titre de la collection « Micro » des éditions Walrus (Cosmic Karma dont on parle ici) m’ayant beaucoup plu, j’ai décidé de télécharger deux nouvelles d’un auteur que je ne connaissais pas mais dont j’attends désormais les prochains textes avec impatience : Aude Cenga. Là encore, une chronique à venir très bientôt mais, pour vous donner un aperçu, c’est plein de noirceur, de cynisme et très incisif.






Je continue aussi ma découverte de la collection E-Courts des éditions Voy’el avec la nouvelle Au service des insectes de Cindy Van Wilder. Si les nouvelles de Vanessa Terral m’avaient dépaysée, celle de Cindy Van Wilder dévoile un univers beaucoup plus apocalyptique mais tout aussi maîtrisé.


Plus qu’à rédiger toutes ces chroniques et continuer mes lectures !


mardi 29 janvier 2013

Concours pour gagner le dernier recueil de Léo Henry

Les éditions ActuSF s'associent aux éditions de La Volte pour vous offrir le dernier recueil de Léo Henry : Le diable est au piano.





Petite présentation du recueil par l'éditeur : 

1844 : le sorcier Aleister Crowley, revenu dans le temps, offre à Edgar Poe son plus fameux poème. 1927 : Blaise Cendrars et Corto Maltese passent les fêtes à Rio sur la piste d’un serial killer. 1936 : George Orwell et Indiana Jones s’allient contre le fascisme espagnol. En des temps plus incertains, on exhume des textes inédits du cerveau d’écrivains comateux, on se rend à Prague pour surmonter ses phobies littéraires ou on échange, avec le Diable, son talent contre une âme (et non l’inverse). On trouvera aussi, dans ce recueil de nouvelles fantastiques, fantasques, borderlines ou pleinement réalistes (souvent les plus étranges) : une machine à piéger les paroles, un pionnier de l’aviation, des pirates surinamiens, des dieux égyptiens et hindous, des filles peu vêtues (dont une est un robot), des explorateurs de terres lointaines, des fous de toutes sortes et quelques vrais fantômes.

Nouvelles réunies par Richard Comballot, préface de Mélanie Fazi.


Pour tenter votre chance, c'est par ici.

vendredi 18 janvier 2013

Anthologie des Utopiales 2012

Titre : Utopiales 12

Auteurs : Neil Gaiman, Robert Charles Wilson, Pierre Bordage, Ayerdhal, Nancy Kress, Tommaso Pincio, Claude Ecken, Laurence Suhner, Sara Doke et le concerto à quatre mains de Laurent Queyssi et Xavier Mauméjean.

Éditeur : ActuSF


289 pages - 14 euros

Illustration de Nicolas Fructus
Quatrième de couverture :
Et si les extraterrestres nous observaient la nuit ? Et si l’on pouvait se concentrer à l’extrême sur un seul sujet ? Ou connaître tout notre avenir depuis l’enfance ? Ou bien avoir des rendez-vous réguliers avec un visiteur du futur ? Et si on pouvait désinventer des inventions ?
L’anthologie officielle des Utopiales rassemble des auteurs importants de l’imaginaire mondial et francophone et rend, cette année, un hommage à Roland C. Wagner.

Mon avis :
Dans l'ensemble, une anthologie intrigante et plaisante à lire. J'ai cependant eu du mal à relier les textes au thème annoncé dans la préface : "Origines".

*Mon coup de cœur va à la dernière nouvelle de l'anthologie, "RCW" d'Ayerdhal, une incursion dans l'univers de Tem, le célèbre détective au borsalino vert fluo créé par Roland C. Wagner. Ayerdhal rend hommage à l'auteur décédé en 2012 à travers un texte loufoque,  riche en rebondissements et bourré de clins d'œil à l'oeuvre de Roland C. Wagner. Tem se réveille amnésique, mais doit pourtant mener une enquête sur un mystérieux groupe terroriste littéraire : la FN ou Fiction Nationale.

*Dans "L'Observatrice" de R.C. Wilson, une adolescente est confrontée à une forme de vie extra-terrestre qu'elle pourra peut-être apprivoiser grâce à l'aide d'un grand astronome. Un texte où le mystère et sa résolution sont amenés par petites touches, à la fois inquiétant et mystérieux.

*"La Finale" de Nacy Kress nous présente Jeff, un héros entraîné malgré lui dans les travaux scientifiques d'un ancien camarade de classe sur la concentration et l'élimination des pensées parasites. Une nouvelle sur laquelle plane un danger dont on ne sait d'où il va venir, jusqu'à la fin, implacable.

*Dans "La Chose du lac" de Laurence Suhner, on assiste à une double enquête sur un mystérieux voleur de bijoux et une bête assoiffée de sang dans le lac Léman. Le ton suranné nous plonge avec réussite dans l'atmosphère de l'Entre-deux-guerres.

*"Et pleurer comme Alexandre" de Neil Gaiman nous présente un désinventeur qui raconte son parcours au public incrédule d'un bar. Une nouvelle drôlatique et efficace.

*"La fin de Léthé" de Claude Ecken nous transporte dans une chambre d'höpital, où, jour après jour, Claire attend avec appréhension la visite du voyageur du futur qui tient à lui révéler tout de sa vie à venir. Le concept tient en haleine jusqu'à une chute poignante.

*"En attendant demain" de Laurant Queyssi et Xavier Mauméjean est une nouvelle atypique et surprenante. Pour le héros, le futur semble déjà écrit et pourtant, on en vient à souhaiter que ce n'est qu'un malaise passager de sa part. Une chute émouvante.

Les Utopiales 2012, un bon cru, donc ^^
M.

mercredi 16 janvier 2013

London Bone - Michael Moorcock

Titre : London Bone

Auteur : Michael Moorcock

Éditeur : ActuSF

100 pages - 7 euros

Quatre nouvelles composent ce recueil de l'inévitable Michael Moorcock, toutes de genre et de ton différent. Certains titres sont malheureusement un peu trop explicites et gâchent la surprise sauf  :"Un samedi soir tranquille à l'amicale des pêcheurs & chasseurs surréalistes". 
J'ai dévoré ce recueil où l'on trouve dans tous les textes une sorte de ferveur, religieuse, passionnelle ou commerciale, des découvertes fabuleuses et de nombreux clins d'œil historiques et littéraires. Tous les récits sont à la première personne du singulier, ce qui nous immerge directement dans le monde des narrateurs.



Quatrième de couverture (et mon avis derrière chaque pitch) :
"Un samedi soir tranquille à l’Amicale des Pêcheurs & Chasseurs Surréalistes", avant que les gentlemen du club ne reçoivent la visite impromptue de Dieu en personne.
Mon avis : Cette nouvelle part un peu dans tous les sens mais prend à contrepied les clichés sur Dieu. Le contexte du club en lui-même pose question, et j'aurais aimé qu'il soit plus développé. C'est sans doute la nouvelle à laquelle j'ai le moins accroché, même s'il y a des passages jouissifs, comme cette déclaration de Dieu :
p. 73-74 : "Vous savez, tout le monde se plaint de l'incohérence des grands livres sacrés écrits en mon nom et c'est l'auteur qui est blâmé.Personne ne s'est jamais dit que c'était peut-être moi qui n'était pas totalement cohérent."

De son côté, Raymond Gold fait une étrange découverte. Sous Londres se cache le plus fabuleux des trésors, un gisement d’Os merveilleux qui fera sa fortune... ou sa perte.
Mon avis : Au début, une foule de référence londonienne des années trente m'ont empêchée de rentrer totalement dans le récit, mais au fur et à mesure, je me suis habituée à cette gouaille couleur locale. On s'attache vite au personnage principal et à son caractère magouilleur.

Plus loin dans l’espace et le temps, une petite équipe d’explorateurs parcourt une planète gelée qui ne possède aucune trace de civilisation. Stupeur, trouble, affolement ; autant de sentiments qui bouleversent leur âme lorsqu’ils découvrent un Cardinal pris dans la glace.
Mon avis : "Le Cardinal dans la glace" ouvre le recueil. On partage assez facilement la ferveur amoureuse et religieuse du narrateur devant la découverte inouïe de son expédition. Le rythme s'accélère au fur et à mesure pour une nouvelle au final très prenante, ma préférée du recueil.

Dans un monde parallèle au nôtre, l’enquêteur métatemporel Minos Aquilinas doit résoudre une affaire délicate. Un homme a été assassiné dans le jardin d’agrément du chef de la police de Berlin, Otto von Bismarck. Un Cluedo uchronique dans lequel les pions sont des personnages historiques.
Mon avis : "Le Jardin d'agrément de Felipe Sagittarius" réunit Bismarck et Hitler dans une faune sauvage : l'affrontement est inévitable. L'enquête est un peu passive, mais le récit plein de rebondissements.

En bref, un recueil prenant et original !

M.

mercredi 7 novembre 2012

Utopiales 2009 - Jérôme Vincent

Titre : Utopiales 2009

Auteurs : Stephen Baxter, Ugo Bellagamba, Pierre Bordage, Catherine Dufour, Jean-Philippe Jaworski, Walter Jon Williams, Robert Charles Wilson.

Éditeur : ActuSF

Nombre de pages : 184

Prix : 10 euros 



Quatrième de couverture :
Des mondes meilleurs ?
Réunissant quelques-unes des plus belles plumes anglo-saxones et françaises, l’anthologie officielle des Utopiales interroge d’autres possibles, des âges barbares aux confins du futur. L’Imaginaire s’y décline sous toutes ses formes et offre au lecteur curieux un aperçu de ses talents. Vous y croiserez un Elvis Presley converti au communisme, un astronome amateur flirtant avec la grande révélation ou des femmes chargées à l’adrénaline.
Partez à la découverte de mondes meilleurs... peut-être ?
À vous de juger !

Mon avis :
Une anthologie aux textes solides pour les 10 ans des Utopiales. Le thème porte sur “Des mondes meilleurs ?”, mais la plupart des textes dénoncent plutôt des situations bancales ou des dysfonctionnements de la société, sans doute pour nous laisser imaginer par nous-mêmes ce que serait un monde meilleur.

Mes deux coups de cœur dans ce volume sont :
* “Les Perséides” de Robert Charles Wilson. Une nouvelle à la fois prosaïque, poétique et philosophique (si si, c’est possible de réunir tous ces adjectifs en un texte !). Le thème central est le message des étoiles et l’impact qu’il a sur un quadragénaire tout juste divorcé.

* “Georges et la comète” de Stephen Baxter. Un informaticien se réveille transformé en singe sur une planète inconnue et dans une ambiance de fin du monde. Un étrange compagnon lui fait les honneurs du monde absurde et minuscule sur lequel il vit désormais. Un texte frais et très drôle, au rythme enlevé.

D’autres nouvelles que j'ai aimées :
* “Préface” d’Ugo Bellagamba. Un texte cynique qui place le lecteur au centre de son discours et lui rappelle comme dans notre monde, le pire répond au meilleur. 

* “Elvis le Rouge” de Walter Jon Williams. L’ascension vers la gloire d’un Elvis de gauche. Le passage de l’adolescence à l’âge adulte est un peu brusque, mais pour le reste, cette nouvelle intimiste est tout à fait convaincante.

* “Préquelle” de Jean-Philippe Jaworski. Un roi avide de pouvoir commande une épée magique à un vieux forgeron. Un récit de fantasy admirablement servi par un style ciselé.

Si vous en avez l’occasion, jetez-vous dessus sans hésiter !

M.

lundi 5 novembre 2012

Semaine des Utopiales 2012

Les Utopiales, festival de Science-fiction, se tiennent tous les ans à Nantes depuis 2000. En 2012, elles ont lieu du mercredi 7 au lundi 12 novembre. Elles réunissent des invités prestigieux (cette année Neil Gaiman, en 2010 China Mieville, par exemple) et permet d’assister à des conférences sur la SF passée et à venir. Tous les ans, les éditions ActuSF publient une anthologie dédiée au festival, aussi nous proposons-nous de consacrer cette semaine aux Utopiales, avec des chroniques sur ces anthologies. Le thème de cette année est : “Origine(s)”.

Affiche par Nicolas Fructus
Voici déjà un petit recensement des conférences et tables-rondes liées auteurs de nouvelles ou novellas (retrouvez le programme complet ici). 
Déjà, plusieurs rencontres avec des auteurs de formats courts sont prévues : 
* Jeudi 8 novembre, rencontres avec Pierre Bordage à 13 H, Norman Spinrad à 15 H et Robert Charles Wilson à 18 H. 
* Vendredi 9 novembre, rencontres avec Nancy Kress à 11 H et Laurent Genefort à 18 H, et hommage à Roland C. Wagner à 19 H. 
* Samedi 10 novembre, rencontre avec Neil Gaiman à 19 H. 
* Dimanche 11 novembre, rencontre avec Gérard Klein à 13 H 30. 

Ensuite, quelques sujets de tables rondes et conférences se rapportent directement au thème de la nouvelle, surtout le vendredi 9 novembre : “Chroniques martiennes de Ray Bardbury, une œuvre des origines” à 14 H et “Pulps !” à 16 H. 

N’hésitez pas à parcourir le programme, il y a vraiment des thèmes très intéressants pour qui aime la SF ! 

Bonnes Utopiales !

M.

vendredi 5 octobre 2012

Crépuscules - Thierry Di Rollo

Anecdote : J'ai découvert Thierry di Rollo grâce aux Trois reliques d'Orvil Fisher que j'ai acheté parce que j'ai trouvé la couverture vraiment magnifique et je n'ai jamais regretté cette impulsion. Depuis, je me noie dans l'univers sombre de cet auteur avec grand plaisir.


Titre : Crépuscules

Auteur : Thierry di Rollo

Éditeur : actusf (collection les 3 souhaits)

Nombre de pages : 108

Prix : 8 €

Illustration : Lasth

Quatrième de couverture : Thierry Di Rollo est l’une des voix les plus passionnantes de la science-fiction en France. Chacune de ses histoires possède une force peu commune avec une poésie du désespoir effroyablement belle. Si ses univers sont noirs, c’est pour mieux dénoncer la folie humaine et tous les abus de notre société.

En six nouvelles, il nous entraîne dans des futurs qui déchantent et qui interpellent. Vous visiterez les mines de la planète Loren III, découvrirez d’étranges hippopotames chercheurs d’or, assisterez à des crucifixions puis, dans un autre récit, à l’étrange résurrection de cadavres...

Des textes superbes dans lesquels la mort n’est présente que pour mieux célébrer la vie.
Né en 1959 à Lyon, Thierry Di Rollo est l’auteur de plusieurs romans, dont La Lumière des Morts, La Profondeur des tombes et Le Syndrome de l’éléphant. Après Cendres, Crépuscules est son deuxième recueil chez Actusf.

Mon avis : Ce court recueil est une petite merveille. J'y ai retrouvé tout ce que j'avais aimé chez Orvil Fisher et plus encore. Les six nouvelles qui la composent possèdent chacune leur souffle propre mais on retrouve en filigrane un sentiment de mal-être, un côté sombre qui agit comme un fil rouge sur l'ensemble du recueil. Les textes sont sans espoir, lents parfois, durs et terribles souvent, et possèdent cette force évocatrice qui permet au lecteur de sentir le texte, de l'absorber et d'avoir, une heure, un jour, un mois après la lecture, cet arrière-goût particulier sur l'esprit qui donne envie de replonger dans les univers de Thierry di Rollo.

Avec Éléphants bleus, la première nouvelle, on découvre l'auteur de SF, celui qui peint la noirceur des mondes et donne aux animaux de la savane une place prépondérante. J'avais aimé les descriptions des girafes dans Les trois reliques d'Orvil Fisher, j'ai retrouvé ici la même magie dans celles des éléphants bleus. Mais il ne faut pas s'y tromper, la nouvelle n'est pas centrée sur eux. On suit ici une enquête sur Loren III, planète minière sur laquelle des mineurs meurent de manière étrange. Les mines et les entrepôts emplis de travailleurs offrent un décor poussiéreux, une atmosphère suffocante. L'intrigue autour de la mort de mineurs et leur relation avec d'étranges oiseaux est palpitante et la fin, touchée par une légère mélancolie m'a beaucoup touchée.

On reste dans le même univers (mais sur une autre planète) avec Hippo ! qui nous fait suivre le développement d'une nouvelle IA à l'apparence d'hippopotame qui permet d'aller fouiller le fond des fleuves à la recherche de l'or enfouit dans la vase.
L'ambiance est un peu moins forte que dans la nouvelle précédente mais la nouvelle est plus rythmée. C'est tout aussi agréable à lire et l'idée d'IA en forme d'hippopotames parfaitement justifiée et gagatisante pour quelqu'un qui, comme moi, aime ces espèces de grosses bêtes.  


Seconde mort m'a laissé un goût étrange sur les lèvres. J'ai été surprise de revenir au fantastique après mon intrusion dans la SF de Thierry di Rollo aussi j'ai eu un peu de mal à entrer dans la nouvelle mais rapidement, les personnages se sont imposés à moi et je me suis laissée emporter. Seconde mort c'est une histoire d'amour et de foi (pas religieuse, non, mystérieuse plutôt, celle qui vous fait voir au-delà du mur des réalités). C'est un texte assez étrange, parfois saccadé au début mais qui prend son envole petit à petit jusqu'à cette superbe dernière phrase que j'ai lue et relue à haute voix, comme une prière pour le personnage.


Un dernier sourire est la nouvelle que j'ai préférée du recueil. Elle est courte, puissante et très évocatrice. Je ne peux en dire trop pour ne pas spoiler tellement elle condense toutes les informations en un seul poing qu'elle vous envoie à la figure par la suite. La thématique peut paraître classique mais j'ai trouvé là une vision intéressante de l'âme humaine et de la notion de monstre.

La ville où la mort n'existait pas est, pour moi, une sorte de parenthèse, comme un souffle dans le recueil, pour mieux amener la dernière nouvelle. Il est question, ici, d'une histoire à rebours qui commence le réveil dans un cercueil et la transformation, progressive, du mort en vivant. La réflexion sur les changements incontrôlables et sur les réactions qu'ils entraînement est intéressante à suivre et le texte coule, fluide, au rythme de cette évolution à contre-courant.

La dernière nouvelle clôt avec brio ce court recueil. Tournée autour de la religion et la crucifixion, Le crépuscule des dieux est un texte tout en nuances et en mystère. Je n'ai pas tout compris à la première lecture et je pense que même après deux relectures, je n'en ai pas saisi toutes les subtilités. Cela ne m'a pas empêché de profiter de la fluidité et de l'atmosphère oppressante qui règne ici. Il y a une poésie certaine qui se dégage des dialogues et des réflexions des personnages et même si je suis passée à côté du sens profond de ce texte, il n'a pas atténué mon plaisir de lectrice ni par rapport à la nouvelle, ni par rapport à l'ensemble du recueil.

I.

mercredi 3 octobre 2012

Le Serpent d'Angoisse - Roland C. Wagner

Première novella chroniquée pour ce mois de la novella ! En passant, hommages à l'auteur mort dans un accident de voiture cet été... 

Titre : Le Serpent d’angoisse 
Auteur : Roland C. Wagner 
Editeur : Actu SF 
Nombre de pages : 85

 


Quatrième de couverture : 

“Grâce au semen of gods, riches et puissants peuvent désormais vivre leurs fantasmes les plus fous au sein de réalités virtuelles créées par un groupe de télépathes. Tout serait parfait dans ce paradis artificiel si un élément incontrôlable ne parvenait à s’immiscer dans les séquences mentales et à tuer les clients de la Telepathic Trips Organization, qui exploite la psychosphère. 

Au dehors, la révolte gronde. Le peuple prend les armes contre les élites avec un seul mot d’ordre : 
« Destroy The American Dream ! » 
Avec derrière lui une cinquantaine de romans, Roland C. Wagner est l’une des voix majeures de la science-fiction française. Véritable choc psychopunk, Le Serpent d’angoisse conte les prémisses de sa série la plus connue : Les Futurs Mystères de Paris. Vingt ans après sa parution et son prix Rosny aîné 1988, le voici enfin de nouveau disponible.” 

Mon avis :  

Les nombreux points de vue sont déroutants au début, mais les fils d’intrigue se rejoignent assez vite et l’histoire devient palpitante. L’alternance de scènes courtes, qui accélère le rythme, et le style très fluide m’ont poussé à dévorer l’ensemble. Le potentiel de la psychosphère, dans laquelle se retrouvent les esprits des télépathes et de ceux qu’ils y transportent, est exploré sous diverses facettes et ne m’a pas laissée sur ma faim. Enfin, j’ai beaucoup aimé la conclusion, à laquelle je ne m’attendais pas et qui est aussi philosophique que poétique. 

Un petit extrait p. 32 (une définition de la psychosphère selon un des personnages principaux) : 

“(…) j’étais moi-même demeuré bloqué dans cette « psychosphère » au sujet de laquelle les explications de Brian ne m’avaient guère éclairé. Univers parallèle ? Pure illusion ? Savant mélange des deux – comme par exemple une vacuole située sur un plan différent ? Je penchais pour une manière de monde abstrait, où la notion d’illusion elle-même se montrait illusoire – en ce sens qu’elle pouvait exister en tant que telle et devenait dès lors une para-réalité.”

Le petit plus : L’interview de l’auteur à la fin qui revient sur le parcours de sa novella, publiée originellement au Fleuve Noir en 1985. Trente ans plus tard, elle est disponible sous format numérique ! (c'est d'ailleurs sous ce format que je l'ai lue)

M.