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vendredi 1 mars 2013

Rose-thé et gris-souris de Marie-Catherine Daniel

Anecdote : Alors que le blog était au point mort, j'ai reçu un mail de Marilyn Stellini, l'éditrice des Roses Bleues, me demandant si j'étais intéressée par la lecture et la chronique du texte de Marie-Catherine Daniel. J'ai bien sur dit oui et j'en profite pour remercier les Roses Bleues d'avoir pensé à nous envoyé ce texte, je me suis régalée. 



 


Titre : Rose-thé et gris-souris.

Auteur : Marie-Catherine Daniel

Éditeur : Les Roses bleues

Prix : 16.30€

Quatrième de couverture :



"Elle, c’est Gertrude. Y a pas idée d’avoir un tel nom et ça lui pose problème depuis la maternelle. Il y a peu, elle a décidé qu’en fait, c’était pas son vrai nom. Elle a décidé que son vrai nom, c’était Cunégonde. Elle a un humour particulier, Gertrude.
[...] Lui, c'est Dégage. C’est un chien bien élevé, alors quand on l'appelle, il obéit : il va planquer sa gale dans les cartons sous l'auvent. Il y a encore l'odeur de ses colocataires. Mais à peine désormais, parce que les humains ont arrosé l'endroit avec leurs produits détergents mais aussi parce que tous les vieux cartons ont disparu avec la meute." 

Rose-thé et gris-souris est l'histoire d'une jeune femme blessée par la vie qui, grâce à l'optimisme tenace d'un chien en quête d'amour, finit par accepter de s'ouvrir à son entourage. 
Bouleversants de tendresse l'air de ne pas y toucher, les personnages singuliers et attachants de Gertrude et du chien Dégage ne laisseront personne indifférent.

Mon avis :

Gertrude est une femme tout ce qu'il y a de plus banal, avec ses désirs, ses fantômes, ses appréhensions. Dégage, lui, est un jeune chien qui cherche une meute après avoir perdu la sienne. Ils vont se rencontrer, se tourner autour, s'éviter, se chercher. Et j'ai suivi ces vies qui se croisent avec un plaisir grandissant. Marie-Catherine Daniel nous offre une fable emplie de douceur. J'ai trouvé une profondeur extrêmement touchante chez Dégage, quelque chose de terriblement humain et à la fois de terriblement animal, définitivement attachant. La plume de l'auteur est légère, teintée d'une normalité saisissante qui nous entraîne au plus près des personnages. Ceux-ci ne sont pas plus grands, tourmentés, forts, désespérés que d'autres. Ils sont, tout simplement. Ils vivent leur vie comme si de rien n'était comme s'ils n'étaient pas des personnages mais de vrais humains. Une jolie histoire sans prétention et c'est peut-être ce qui en fait la force.

I.

mardi 5 février 2013

Présumé coupable - Isabelle Guso

Anecdote : C'est la première novella qui m'est tombée dans les mains aussi, j'en garde un souvenir particulier. À l'époque de sa sortie, le texte a fait beaucoup

Titre : Présumé Coupable


Auteur : Isabelle Guso



Éditeur : Griffe d'Encre

Nombre de pages : 91

Prix : 9 €

Illustration : Zariel

Quatrième de couverture : 

Autour de mes démons, une armure de papier.
Mon Peter Pan dans sa tombe, ma forteresse.
Mentir puisqu’il le faut.
Lutter seul.
Et tenir bon.



Mon avis :
Il est difficile de parler de ce texte sans en dévoiler la thématique. De quoi parler alors ? Du personnage d'abord : un homme. Pas un homme simple (qui se prétend être simple ?), avec ses désirs, ses espérances et ses démons. Avec ses peurs aussi qu'il garde pour lui jusqu’à ce qu'un soir, après avoir peut-être trop bu (ou bien est-ce la pression, le besoin de parler qui s'est fait plus fort ?), il met un mot sur ce qu'il est.

C'est à ce moment qu'a commencé ma réflexion. Et je pense que c'est elle qui donne sa profondeur au texte d'Isabelle Guso. Il y a un équilibre entre la justesse et la simplicité de ses mots, des émotions de ses personnages. Sa manière de faire parler son héros est puissante, elle m'a enserré le coeur. Elle a réussi à ne pas le rendre pathétique mais à lui donner une profondeur qui amène à s'interroger sur son mal. Dans un univers à la fois trouble, cru et onirique, on va suivre cet homme dans son voyage à travers le Japon et jusqu'au plus profond de son esprit.


Je suis sortie de ma lecture avec un goût amer dans la bouche et j'ai adoré ça.

Le petit plus : la superbe couverture de Zariel et les annexes qui permettent d'approfondir le sujet.

mardi 20 novembre 2012

Quartier Bleu - François Darnaudet

Anecdote : Parler de la collection 'novella SF', pour le mois de la novella, sans parler d'un de leur texte serait, à mon avis criminel (d'autant plus que la collection donne, à la novella, un angle intéressant : comment ancrer une intrigue dans un univers étranger au lecteur sans trop devoir le développer ?). Quartier bleu, en est un parfait exemple et permet au lecteur de saisir toute la subtilité de la novella qui sait en dévoiler assez sans jamais trop en dire. 


 

 Titre : Quartier bleu

Auteur : François Darnaudet

Éditeur : Éditions du Rocher (collection : novella SF)

Nombre de pages : 123

Prix : 12,90 €

Couverture : Thierry Dubreil

Quatrième de couverture : En 2044, le cimetière du Père-Lachaise est devenu un ghetto africain, le Quartier bleu où les plus belles blacks de la ville racolent, à moitié nues, au milieu des tombes et des mausolées dans une lumière d'halogènes bleutés. La police y est assurée par un corps d'élite ultra-violent, les kamis, des auxiliaires maoris recrutés par un ancien ministre gaulliste.
Mais depuis quelques temps, des cadres supérieurs se font exploser en compagnie des prostituées. Le détective Frantz Keller, un ancien copse parisien, est chargé par une veuve pulpeuse d'enquêter sur l'un de ces suicides. Pour Keller, il est temps de pénétrer les mystères et les envoûtements du Quartier bleu…

Mon avis : Pas spécialement friande de SF, je me suis mise à lire cette novella comme il m'arrive souvent de le faire avec la SF, un peu par hasard. Et, comme souvent, ça m'a permis de faire une jolie découverte.

La quatrième de couverture résume parfaitement l'intrigue : une enquête policière digne d'un roman noir, le tout dans un univers de SF bien campé avec des clins d'œil amusants à notre époque (les noms des stations de métro sont savoureux). Le style est vif, prenant, sans concession et l'histoire qu'on suit l'est tout autant. Une SF désabusée dans un monde où règne la règle du chacun-pour-soi.

Le petit plus : l'ambiance du Quartier bleu, sexuelle, moite et terrible.


I.

mardi 16 octobre 2012

Le dernier dimanche de M. le chancelier Hitler.

Anecdote : Livre trouvé au détour d'un couloir de bibliothèque (alors que j'étais en mission recherche novellas désespérément). Emprunté un jeudi, terminé le vendredi, ce texte m'a tenue en haleine non pas à cause de l'intrigue mais à cause de la tension qui se crée autour des personnages (et surtout, autour de son personnage principal).
 



Titre : Le dernier dimanche de M. le chancelier Hitler.

Auteur :
Jean-Pierre Andrevon

Éditeur : Après la lune

Nombre de pages : 120

Prix :
9 €

Couverture :
Stanislas Marçais

Quatrième de couverture :

C’est un petit bonhomme grisonnant, aux mains tremblantes, vêtu d’un costume gris étriqué. Il perd ses cheveux, ses yeux faiblissent, mais il a horreur d’être vu avec des lunettes. Il est atteint de la maladie de Parkinson et on lui soupçonne un début d’Alzheimer. Il habite un petit trois-pièces dans South Brooklyn avec sa femme Éva. Autrefois Éva Braun. En cette année 1949, cela fait quatre ans que le petit bonhomme a été accueilli aux États-Unis, où il vit sous la surveillance constante du FBI. C’est que, jusqu’en mai 1945, il était chancelier du Troisième Reich. Son nom : Adolf Hitler. Son destin ? Pas brillant : bien qu’il soit loin d’en douter, il n’a plus que deux jours à vivre.

Mon avis :

1949. Hitler à bien changé depuis qu'il a fui l'Allemagne et trouvé asile aux USA. Comme le dit la quatrième de couverture, on le retrouve diminué, malade, le regard tourné vers le passé et sa gloire d'antan. Ces quelques jours que nous passons dans sa tête sont à la fois étranges et dramatiques. Beaucoup d'avis, lu ci et là, ont parlé de la force du portrait, léché, au vitriol, brutal aussi mais jamais pathétique (parce que, qui va aller compatir devant l'homme le plus haï du monde ?). Pour ma part, ce n'est pas ce portrait qui a marqué ma lecture, c'est plutôt la force d'écriture de Jean-Pierre Andrevon, sa capacité à peindre un homme déchu, un fantôme passé qui y est rattaché.

Ce n'est pas tant Hitler que j'ai lu dans cette novella, ce n'est pas le destin d'un personnage historique, de l'emblème d'une époque sombre ; c'est celui d'un homme qui se dégrade et qui ne cesse de comparer ce qu'il a été et ce qu'il est. La force de ce texte tient en cette réflexion sur cette incapacité de l'homme à combattre la maladie quand elle le ronge et diminue son corps et son esprit. Il y a une mélancolie certaine dans l'esprit de cet homme voué à ressasser ses années de gloire enfermé dans un pays hostile, dans un corps hostile, dans un esprit qui commence à l'être tout autant et c'est ce qui m'a touché dans cette novella.

Le petit plus du livre : le cynisme et la noirceur (autour de l'être comme de la maladie).


I. 

vendredi 12 octobre 2012

L'Après-dieux - Maëlig Duval

Il y a quelques semaines, nous organisions un concours pour vous faire gagner la novella de Maëlig Duval, L’Après-dieux. Aujourd’hui, voici sa chronique.

Titre : L’Après-dieux 
Auteur : Maëlig Duval 
Éditeur : Griffe d’Encre 
Nombre de pages : 134 
Prix : 9,5 euros 


Quatrième de couverture : 
Albert Vaclau est fonctionnaire au bureau de la Reconstruction. 

Il évalue de 1 à 5 les dégâts de la guerre civile dans les villages à reconstruire. 
Il classe les organisations non gouvernementales de 1 à 9, selon leur niveau de sédition. 

Mais quand il rencontre Eva et son fils, il doit se rendre à l’évidence : aucune échelle de valeurs ne peut s’appliquer à eux. 

Mon avis : 
Ce texte nous plonge d’entrée dans une ambiance surannée, grâce aux paysages ruinés d’après-guerre civile et aux prénoms désuets des protagonistes. Albert, le personnage principal, m’a séduite d’emblée avec sa dignité empreinte de sensibilité. Le style à la fois poétique et réaliste nous entraîne dans une épopée où les mythes finissent par rejoindre la réalité. Où sont passés les dieux ? La réponse n’est pas aussi évidente que ce à quoi on s’attend, et la novella se termine sur une note douce-amère. Un premier texte très bien maîtrisé, tant dans l’atmosphère que dans la structure. 

Le petit plus : La possibilité de lire le début de la novella en ligne ici.

M.

mercredi 3 octobre 2012

Le Serpent d'Angoisse - Roland C. Wagner

Première novella chroniquée pour ce mois de la novella ! En passant, hommages à l'auteur mort dans un accident de voiture cet été... 

Titre : Le Serpent d’angoisse 
Auteur : Roland C. Wagner 
Editeur : Actu SF 
Nombre de pages : 85

 


Quatrième de couverture : 

“Grâce au semen of gods, riches et puissants peuvent désormais vivre leurs fantasmes les plus fous au sein de réalités virtuelles créées par un groupe de télépathes. Tout serait parfait dans ce paradis artificiel si un élément incontrôlable ne parvenait à s’immiscer dans les séquences mentales et à tuer les clients de la Telepathic Trips Organization, qui exploite la psychosphère. 

Au dehors, la révolte gronde. Le peuple prend les armes contre les élites avec un seul mot d’ordre : 
« Destroy The American Dream ! » 
Avec derrière lui une cinquantaine de romans, Roland C. Wagner est l’une des voix majeures de la science-fiction française. Véritable choc psychopunk, Le Serpent d’angoisse conte les prémisses de sa série la plus connue : Les Futurs Mystères de Paris. Vingt ans après sa parution et son prix Rosny aîné 1988, le voici enfin de nouveau disponible.” 

Mon avis :  

Les nombreux points de vue sont déroutants au début, mais les fils d’intrigue se rejoignent assez vite et l’histoire devient palpitante. L’alternance de scènes courtes, qui accélère le rythme, et le style très fluide m’ont poussé à dévorer l’ensemble. Le potentiel de la psychosphère, dans laquelle se retrouvent les esprits des télépathes et de ceux qu’ils y transportent, est exploré sous diverses facettes et ne m’a pas laissée sur ma faim. Enfin, j’ai beaucoup aimé la conclusion, à laquelle je ne m’attendais pas et qui est aussi philosophique que poétique. 

Un petit extrait p. 32 (une définition de la psychosphère selon un des personnages principaux) : 

“(…) j’étais moi-même demeuré bloqué dans cette « psychosphère » au sujet de laquelle les explications de Brian ne m’avaient guère éclairé. Univers parallèle ? Pure illusion ? Savant mélange des deux – comme par exemple une vacuole située sur un plan différent ? Je penchais pour une manière de monde abstrait, où la notion d’illusion elle-même se montrait illusoire – en ce sens qu’elle pouvait exister en tant que telle et devenait dès lors une para-réalité.”

Le petit plus : L’interview de l’auteur à la fin qui revient sur le parcours de sa novella, publiée originellement au Fleuve Noir en 1985. Trente ans plus tard, elle est disponible sous format numérique ! (c'est d'ailleurs sous ce format que je l'ai lue)

M.