dimanche 4 novembre 2012

NdS # 9

Le serpent à collerette - Francis Berthelot.


La plume de Francis Berthelot est particulière. Tantôt grave, tantôt enjouée, elle garde une poésie diffuse et montre une maîtrise parfaite de la justesse du ton et des personnages. Dans cette longue nouvelle, Francis Berthelot narre un conte étrange aux personnages tourmentés, mais toujours proches du lecteur.

Pourquoi la lire ?

Pour la plume de monsieur Berthelot, pour les cauchemars aux allures de Dali et pour la leçon d'écriture, encore.

Une scène clé : La première fois où le serpent vient dans le lit de Prunelle.

Un personnage : Prunelle, pour sa force, ses faiblesses et sa naïveté.

Un petit aperçu ? : Au pays des Forêts Secrètes se trouvait jadis, en bord de mer, une petite ville austère et gaie nommée Gurmance. Les maisons, blanchies à la chaux, avaient des colombages de couleur, des fenêtres aux carreaux minuscules, des balcons fleuris de colchiques et des toits dont les tuiles vertes luisaient au soleil. Des ruelles pavées de galets serpentaient entre le vieux port, la place des kermesses, l’hôtel du bourgmestre et la chapelle des Trépassés. Et, dans les cent boutiques qui s’y égrenaient, on vendait de la céramique, du drap, des sarcloirs, du pain bis, des ex-voto, des tranches d’espadon et des poupées de cire.

Où trouver la nouvelle ? : Sur la plateforme numérique du Bélial ou dans leur boutique en ligne ou commandez le recueil à votre libraire préféré.

samedi 3 novembre 2012

Récapitulatif du mois de la novella

Le blog est un peu en pause en ce moment à cause d'une foule de petits trucs personnels (dont un concours à passer dans cinq jours), mais, dès la semaine prochaine, on reprend du poil de la bête. En attendant, un petit récapitulatif du mois de la novella (qu'on espère reconduire avant l'année prochaine).


Alors, durant ce mois, sur le blog, quatre novellas ont été chroniquées :

Le dernier dimanche de Monsieur le chancelier Hitler
de Jean-Pierre Andrevon.
L'après-dieux de Maëlig Duval. 
L'appel de l'ombre d'Anne Rossi.
Et Le serpent d'Angoisse de Roland C. Wagner.
Et en dehors du blog, Lullaby a fait une chouette chronique sur La porte de Karime Berrouka.

En ce qui concerne le concours L'après-dieux de Maëlig Duval, deux des gagnantes ont donné leur avis sur cette novella : l'avis de Cécile est à lire par ici et celui d'Anne, par là.

dimanche 28 octobre 2012

NdS # 8

Compte-rendu de certains évènements survenus à Londres – China Mieville

Le site du Belial propose chaque mois une nouvelle à télécharger gratuitement. Celle de juin 2012 était une nouvelle de China Mieville qui venait de remporter le Grand Prix de l'Imaginaire après cinq autres grands prix internationaux en 2009 et 2010 (dont le prix Hugo) pour son roman The City & the City.


Pitch : 

L'auteur internationalement connu China Mieville ( :-D ) reçoit un colis destiné à un certain Charles Melville, habitant dans une rue dont le nom ressemble à celle du mauvais destinataire. Le narrateur ouvre le paquet et découvre une pile de vieux papiers qui rapportent les agissements d'un club enquêtant sur d'improbables "rues sauvages".


Pourquoi la lire ?
Pour percer le mystère des documents mystérieux et presque incompréhensibles en même temps que le narrateur, documents qui nous entraînent inexorablement plus loin dans la lecture jusqu'à la conclusion, magnifique. Parce que China Mieville, comme à chaque fois qu'il évoque le thème de la ville dans ses textes, le traite avec une maestria et un réalisme confondant.


Une scène clé : La scène découverte du vieux paquet.


Un personnage : Le narrateur, qui partage ses pensées avec nous au fur et à mesure de sa lecture.



Un petit aperçu ? : 

"J'ai du mal à travailler, ces temps-ci. Je fais très attention aux carrefours. Je fixe du regard les pourtours de brique (ou de ciment, ou de pierre) où les autres rues croisent celles que je parcours, en m'efforçant de me rappeler si je les ai déjà remarquées. je lève brusquement la tête en passant, pour repérer toute survenance précipitée. Je ne cesse d'apercevoir des mouvements furtifs sans découvrir autre chose, en redressant soudain la tête, qu'un arbre agité par le vent ou une fenêtre ouverte. Mon angoisse - sans doute, pour être franc, devrais-je dire "mon pressentiment" - ne me quitte jamais."

Où trouver la nouvelle ?  Dans le Bifrost 53, où elle est parue originellement à commander sur le site du Belial ou à trouver d’occasion à la librairie Scylla à Paris (par exemple).

mercredi 24 octobre 2012

Origines # 1

Voici le premier billet d’une série destinée à vous faire redécouvrir les classiques de la nouvelle SFFF. La rétrospective d'aujourd'hui est consacrée à Maupassant, lequel, vous l’apprendrez sans surprise, est un de mes auteurs préférés. J’ai relu ses contes fantastiques dans une vieille édition, mais de votre côté, n’hésitez pas à les télécharger gratuitement sur ce site, par exemple. 



Dans mon recueil, un certain nombre de textes sont à la limite du genre et personnellement, je ne les y aurais pas classées. Je me suis donc focalisée sur les nouvelles les plus fantastiques. Parmi celles-ci voici ma crème de la crème, fourrée aux incontournables : 

* Aussi bien dans “Main d’Écorché” que dans “La Main”, un membre momifié se mue en arme dangereuse. Le second texte est postérieur au premier et lui est à mon avis supérieur. L’aspect enquête est plus fouillé et l’ambiance plus angoissante que dans sa prédécesseuse (si j’ose m’exprimer de la sorte). 

* Dans “La Chevelure”, un homme se prend de passion pour une tresse blonde retrouvée à l’intérieur d’un vieux meuble. On suit la progression de sa folie à travers son journal (un artifice narratif dont Maupassant est friand). 

* Je m’en voudrais de ne pas citer le célébrissime “Horla”, précédé de deux versions, l'une intitulée “Le Horla” aussi, l’autre “Lettres d’un fou”. Chaque nouvelle gagne en tension et en immersion jusqu’au paroxysme de l’horreur dans la plus longue version. Un must read. 

* “L’Auberge” est un magnifique texte où se mêlent des descriptions somptueuses des Alpes en hiver à un huis-clos angoissant à l’intérieur d’un gîte isolé. Cette nouvelle était une découverte pour moi (et pourtant, j’en ai lu du Maupassant !) et un véritable coup de cœur. 

* Enfin, je signale à votre curiosité deux nouvelles de SF légère (des années 1880, donc) : 
> "L’Endormeuse", un texte surprenant sur l’euthanasie, encore très d’actualité ; 
> "L’Homme de Mars", où l’auteur développe des problématiques auxquelles il s’intéressait déjà dans le Horla, telles que la vie sur d’autres planètes ou l’évolution de l’espèce humaine.

D'autres nouvelles fantastiques de Maupassant vous ont-elles marqué ?

M.

dimanche 21 octobre 2012

NdS # 7

Indicible ! de Jacques Fuentealba.

Les thématiques de Pénombre, fanzine du projet Transition, m'ont toujours plu même si parfois, je trouvais que les textes n'allaient pas au bout de leurs idées. Le n°3, consacré à la foule est le premier à m'avoir offert une nouvelle pile comme je les attendais, sombre, terrible et sans espoir.

Pourquoi la lire ? Pour l'ambiance de ténèbres et d'horreur et pour les monstres que les écrivains créent parfois avec trop de réalisme.

Une scène clé : La découverte de l'Homme de Sang, du Boucher de la Pluie, des Écorchés de l'Enfer (j'aurai aimé lire une nouvelle avec chacun d'entre eux).

Un personnage : L'Homme de Sang, une idée brillante.

Un petit aperçu ? : "Comment ? Pourquoi et enfin, Qui ou Quoi ? dit-elle en désignant les cartes de gauche puis celles du milieu et de droite.

— Comment ? répéta-t-elle en retournant la première carte. Le Diable. Un pacte, un rituel ou une cérémonie païenne. De la sorcellerie… (Ses yeux s'agrandirent.) Ou de la magie noire. Vous avez joué avec le feu."


Où trouver la nouvelle ? : Faites un saut sur le site du fanzine.

jeudi 18 octobre 2012

Des nouvelles de Ta-Shima


Anecdote : Lorsqu'on m'a parlé de ce recueil, pour la première fois, je me suis dit, mouais, bof. J'ai appris qu'Adriana Lorusso avait écrit deux romans, se situant dans cet univers, publiés par Bragelonne et, en général, les romans de Bragelonne me plaisent rarement. Du coup, j'ai ouvert le livre avec un a priori plutôt négatif en me disant que, de toute manière, je n'étais pas obligée de tout lire. Et, une fois encore, le dieu des lecteurs (parce qu'il y en a un, si, si, croix de bois, croix de fer…) m'a encore montré que je pouvais faire un petit tas avec mes a priori et aller le brûler dans un coin (ça c'est la version gentille, l'autre est un peu plus douloureuse).

 

 


Titre : Des nouvelles de Ta-Shima

Auteur :
Adriana Lorusso

Éditeur : Ad Astra

Nombre de pages :
224

Prix : 13 €

Illustration :
Laurent Guillet

Quatrième de couverture : Ta-Shima, planète fascinante. Suite à sa colonisation accidentelle par les humains - les premiers d'entre eux étaient des fugitifs - et à leur cohabitation forcée avec la mortelle faune locale, Ta-Shima, au fil des âges, devient le centre d'enjeux politiques, humains, où se joue le destin de deux communautés, étroitement liées : les Asix et les Shiro. Avec, en toile de fond, l'ombre de la toute-puissante Fédération interstellaire...

Mon avis :

Des nouvelles de Ta-Shima nous entraînent sur une étrange planète, loin au-delà de notre système solaire (d'ailleurs, je me demande si la capitale de la Fédération est bien liée à notre Terre ou si je me suis totalement fourvoyée (mais là n'est pas la question)). On y verra aussi bien des autochtones, des immigrés ou des nouveaux venus qui découvrent cet univers pour la première fois et c'est avec plaisir que je me suis laissé guider par l'écriture d'Adrianna Lorusso, portée par ses images.

Je ne partage pas entièrement l'avis de l'éditeur à propos de la violence et de l'âpreté des nouvelles (le côté sans concession, par contre, je l'ai bien ressenti : l'auteur ne ménage pas ses personnages et encore moins ses lecteurs). J'ai trouvé que l'ensemble des textes oscillait entre une sourde mélancolie et une note d'espoir qui souhaite éclater ; c'est une tension très forte, perceptible à chaque nouvelle, qui offre au recueil un équilibre qui m'a beaucoup touché.

Le recueil s'ouvre avec "L'homme d'au-delà du soleil". On y suit les péripéties de N'Tari capitaine d'astronef qui perd son titre et son vaisseau suite à l'explosion d'un des moteurs de l'appareil. Obligé de retrouver sa concubine Asix (l'un des peuples de Ta-Shima) sur Ta-Shima, il doit également se soumettre à la vie de clan des Asix. À travers les péripéties qu'il rencontre, le lecteur découvre à la fois la planète et sa société. N'Tari va devoir apprendre à s'intégrer au clan de sa compagne, se comporter et vivre en Asix pour être accepté parmi eux. C'est ce dernier point qui est très fort. Adriana Lorusso introduit son univers à petites touches, sans perturber le lecteur. C'est une nouvelle qui permet de découvrir Ta-Shima mais aussi de réfléchir sur les relations entre les peuples qui y vivent et les autres, qui y viennent pour le commerce. Le message de tolérance qui coule le long de cette nouvelle se mêle à une réflexion sur l'être et le paraître qui m'a tout de suite plu.

"Mutation spontanée" est une nouvelle qui nous entraîne à l'intérieur des terres de Ta-Shima. Frey et son frère, Dic, deux jeunes Asix viennent d'être mutés dans une maison de vie pour y apporter de l'aide et subir divers tests. Cette fois, la société se dévoile de l'intérieur. Lire le quotidien de deux jeunes Asix permet une immersion un peu plus profonde. On en apprend ainsi un peu plus sur la relation entre Asix et Shiro, sur leur rôle respectif et sur leur manière de vivre (ensemble puis chacun de leur côté). Ce qui m'a plu, dans ce texte, c'est le contraste entre le paysage et le ton parfois bucolique et l'intrigue. L'atmosphère a anesthésié mon côté tatillon et je n'ai pas prêté attention à la force du fond, jusqu'à la fin qui m'a heurté de plein fouet.

Avec "Miséricorde et Pénitence", on quitte Ta-Shima pour aller s'intéresser à Neudachren, capitale de la Fédération, et à la religion qui s'y est développée sous le nom du Temple. Miséricorde est un moine, orphelin, ni meilleur ni pire que la plupart d'entre eux mais sa ressemblance avec les Asix le conduit à devenir missionnaire sur Ta-Shima. Une fois arrivé, il s'aperçoit que le Temple utilise la famine qui s'étend sur la planète pour échanger des heures de cours religieux contre de la nourriture. C'est à ce moment que le personnage de Miséricorde prend toute son ampleur et je m'y suis très rapidement attaché. Sa naïveté oblige le lecteur à s'interroger sur la mission du Temple (assez classique dans son développement) mais aussi sur le caractère des Ta-Shimoda. Avec le recul, je m'aperçois que la nouvelle marque un vrai tournant dans le récit : on commence enfin à cerner les interactions entre Asix et Shiros mais aussi entre Ta-Shimoda et citoyens de la Fédération et les nouvelles qui suivent nous entraînent doucement vers la fin, inéluctable, de la dernière nouvelle.

"Les Asix font du tourisme" est une nouvelle à l'apparence plus légère que la précédente. Un groupe d'Asix travaillant sur un astronef fait escale à Neudachren puisqu'ils n'a rien d'autre à faire (j'aime la mentalité des Asix, elle est savoureuse). À partir de là, les situations s'enchaînent, rocambolesques et loufoques. Mais toute la beauté et la force de ce texte résident dans sa fin, celle où on voit les Asix redevenir eux même en rentrant sur leur planète. Et là, la cruauté sous-jacente dévoilée légèrement dans les nouvelles précédentes explose.

Avec "L'animal de compagnie", Adriana Lorusso nous entraîne, une fois encore, sur les traces d'un Asix : Yann n'a jamais été très doué à l'école mais il a un don avec les animaux. Aussi, lorsqu'il se voit affecté à un des plus grands élevages de Ta-Shima, c'est comme un rêve qui se réalise. Mais à force de rester proche des animaux, Yann s'éloigne de ses compagnons. Cette nouvelle forme une sorte de parenthèse avec l'ensemble du recueil. "Une sorte" seulement parce que l'auteur nous entraîne encore sur les traces de la psychologie Asix et de la relation qu'a ce peuple avec Ta-Shima. La relation entre Yann et son animal de compagnie peut être vue comme une métaphore de la relation Shiro/Asix et là est toute la force de la nouvelle : elle n'est qu'un reflet de ce qui va arriver dans le texte suivant.

Comme son nom l'indique, "La fin du monde" va nous montrer la fin d'un monde mais, jusqu'à la toute fin de la nouvelle je n'ai pas bien compris de quoi il était question. Parce que l'écriture d'Adriana Lorusso est subtile et elle prouve une nouvelle fois son habileté à jouer avec sa plume. Tantôt évidente tantôt pleine de mystère, cette dernière nouvelle m'a bouleversé. Nous n'assistons pas seulement à la fin d'un monde mais aussi à la fin d'une aventure. C'est ici que se termine notre chemin aux côtés des Asix et des Shiros, c'est ici aussi qu'on s'aperçoit de la méticulosité de l'auteur et de l'éditeur, de ma manière dont ils ont tissé doucement leur toile. Ce sont des adieux que nous font les personnages et chacune des nouvelles n'a servi qu'à nous mener vers ce point.

Le petit plus : cette perfection dans le déroulement des nouvelles et dans la manière de jouer avec les émotions (et des personnages et des lecteurs). Tout cela atteste que, décidément, Ad Astra est une maison d'édition à suivre assidûment !

mardi 16 octobre 2012

Le dernier dimanche de M. le chancelier Hitler.

Anecdote : Livre trouvé au détour d'un couloir de bibliothèque (alors que j'étais en mission recherche novellas désespérément). Emprunté un jeudi, terminé le vendredi, ce texte m'a tenue en haleine non pas à cause de l'intrigue mais à cause de la tension qui se crée autour des personnages (et surtout, autour de son personnage principal).
 



Titre : Le dernier dimanche de M. le chancelier Hitler.

Auteur :
Jean-Pierre Andrevon

Éditeur : Après la lune

Nombre de pages : 120

Prix :
9 €

Couverture :
Stanislas Marçais

Quatrième de couverture :

C’est un petit bonhomme grisonnant, aux mains tremblantes, vêtu d’un costume gris étriqué. Il perd ses cheveux, ses yeux faiblissent, mais il a horreur d’être vu avec des lunettes. Il est atteint de la maladie de Parkinson et on lui soupçonne un début d’Alzheimer. Il habite un petit trois-pièces dans South Brooklyn avec sa femme Éva. Autrefois Éva Braun. En cette année 1949, cela fait quatre ans que le petit bonhomme a été accueilli aux États-Unis, où il vit sous la surveillance constante du FBI. C’est que, jusqu’en mai 1945, il était chancelier du Troisième Reich. Son nom : Adolf Hitler. Son destin ? Pas brillant : bien qu’il soit loin d’en douter, il n’a plus que deux jours à vivre.

Mon avis :

1949. Hitler à bien changé depuis qu'il a fui l'Allemagne et trouvé asile aux USA. Comme le dit la quatrième de couverture, on le retrouve diminué, malade, le regard tourné vers le passé et sa gloire d'antan. Ces quelques jours que nous passons dans sa tête sont à la fois étranges et dramatiques. Beaucoup d'avis, lu ci et là, ont parlé de la force du portrait, léché, au vitriol, brutal aussi mais jamais pathétique (parce que, qui va aller compatir devant l'homme le plus haï du monde ?). Pour ma part, ce n'est pas ce portrait qui a marqué ma lecture, c'est plutôt la force d'écriture de Jean-Pierre Andrevon, sa capacité à peindre un homme déchu, un fantôme passé qui y est rattaché.

Ce n'est pas tant Hitler que j'ai lu dans cette novella, ce n'est pas le destin d'un personnage historique, de l'emblème d'une époque sombre ; c'est celui d'un homme qui se dégrade et qui ne cesse de comparer ce qu'il a été et ce qu'il est. La force de ce texte tient en cette réflexion sur cette incapacité de l'homme à combattre la maladie quand elle le ronge et diminue son corps et son esprit. Il y a une mélancolie certaine dans l'esprit de cet homme voué à ressasser ses années de gloire enfermé dans un pays hostile, dans un corps hostile, dans un esprit qui commence à l'être tout autant et c'est ce qui m'a touché dans cette novella.

Le petit plus du livre : le cynisme et la noirceur (autour de l'être comme de la maladie).


I. 

dimanche 14 octobre 2012

NdS # 6

Raven Party - Nathalie Dau


Munie depuis peu d'un ebook, je me suis aventurée dans les contrées sombres des textes numériques en me jetant en premier sur les textes proposés gratuitement par les éditeurs (je vous épargne le côté épique de mes tentatives de payement en ligne, je ne pense pas que ce soit vraiment intéressant). Donc, pour promouvoir un auteur/recueil/anthologie, certaines maisons d'édition n'hésitent pas à offrir une nouvelle pour que le lecteur se fasse une idée de l'ensemble de l'anthologie/recueil. J'ai été très agréablement surprise de voir que "Raven Party", extrait des Contes Myalgiques II de Nathalie Dau était proposé gratuitement par Griffe d'Encre. Je remercie donc Griffe d'Encre pour cette initiative et Nathalie Dau pour cette nouvelle. Vos recueils sont à présent sur le haut de ma pile à lire.

Pourquoi lire la nouvelle ?


Pour la plume de Nathalie Dau, émouvante et précise et pour ses personnages qui le sont tout autant.

Une scène clé : Lorsque Lise rencontre Erl.

Un personnage : Erl, évidemment (entouré de mystères et de ténèbres, comment ne pas succomber).

Un petit aperçu ? : Il n'y eut plus d'angoisse, et plus de larmes ni de doute. La vie devint un rêve sombre, que la lune éclairait d'un sourire.

Où trouver la nouvelle ? : Sur le site de Griffe d'Encre.

vendredi 12 octobre 2012

L'Après-dieux - Maëlig Duval

Il y a quelques semaines, nous organisions un concours pour vous faire gagner la novella de Maëlig Duval, L’Après-dieux. Aujourd’hui, voici sa chronique.

Titre : L’Après-dieux 
Auteur : Maëlig Duval 
Éditeur : Griffe d’Encre 
Nombre de pages : 134 
Prix : 9,5 euros 


Quatrième de couverture : 
Albert Vaclau est fonctionnaire au bureau de la Reconstruction. 

Il évalue de 1 à 5 les dégâts de la guerre civile dans les villages à reconstruire. 
Il classe les organisations non gouvernementales de 1 à 9, selon leur niveau de sédition. 

Mais quand il rencontre Eva et son fils, il doit se rendre à l’évidence : aucune échelle de valeurs ne peut s’appliquer à eux. 

Mon avis : 
Ce texte nous plonge d’entrée dans une ambiance surannée, grâce aux paysages ruinés d’après-guerre civile et aux prénoms désuets des protagonistes. Albert, le personnage principal, m’a séduite d’emblée avec sa dignité empreinte de sensibilité. Le style à la fois poétique et réaliste nous entraîne dans une épopée où les mythes finissent par rejoindre la réalité. Où sont passés les dieux ? La réponse n’est pas aussi évidente que ce à quoi on s’attend, et la novella se termine sur une note douce-amère. Un premier texte très bien maîtrisé, tant dans l’atmosphère que dans la structure. 

Le petit plus : La possibilité de lire le début de la novella en ligne ici.

M.